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LE VOTE DES FEMMES

charges ; pour tout ce qui avait trait au droit et à la liberté, le mot français ne s’appliquait pas à elles.

Bonaparte, avait pour idéal la polygamie et déclarait que la femme puisqu’elle donne des enfants, est la propriété de l’homme comme l’arbre à fruit est celle du jardinier. « Il y a, disait-il, une chose qui n’est pas française, c’est qu’une femme puisse faire ce qui lui plait. »

Les femmes, cependant, manifestaient un fol enthousiasme pour le tyran. À son retour après ses victoires, toutes voulaient le contempler et jeter des fleurs sous ses pas.

Mme de Staël (Germaine Neker) elle-même avait été son admiratrice avant de devenir l’ennemie qu’il exila, en même temps qu’il condamna au séjour forcé de Lyon, les duchesses de Chevreuse et de Luynes qui avaient refusé de faire partie du cortège de l’impératrice.

Napoléon si hostile à l’égalité de l’homme et de la femme, autorisa pourtant la publication d’un journal féministe qui parut en 1808 sous ce titre : l’Athené des Dames, il était exclusivement rédigé par des femmes et avait pour directrice : Mme Sophie Senneterre de Renneville.

Après la restauration, les femmes publièrent un manifeste, formulèrent un plan d’émancipation où elles revendiquaient les droits politiques.

Les Saint-Simoniens firent espérer qu’ils allaient aider à l’affranchissement féminin ; mais, en exaltant l’amour libre, en faisant découler l’égalité des sexes de la liberté de l’amour, ils prouvèrent que ce n’était que