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Page:Auclert - Le vote des femmes, 1908.pdf/95

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REVENDICATION DES FEMMES EN 1789

les ennemies de la chose publique et n’ont pris le masque du patriotisme ! que pour exciter une espèce de contre révolution. » .........................................................

« Les droits politiques du citoyen sont de discerner, de faire prendre des résolutions relatives aux intérêts de l’État et de résister à l’oppression. Les femmes ont-elles la force morale et physique qu’exige l’exercice de l’un et de l’autre de ces droits ? L’opinion universelle repousse cette idée… Et puis la pudeur des femmes leur permet-elle de se montrer en public, de lutter avec les hommes et de discuter à la face du peuple sur des questions d’où dépend le salut de la République ? Voulez-vous que dans la République française on les voie venir au barreau, à la tribune aux assemblées politiques comme l’homme, abandonnant la retenue, source des vertus de ce sexe ? ».

Il est curieux d’entendre ces révolutionnaires invoquer des lieux communs et des préjugés surannés, pour maintenir les privilèges de sexe, après que tous les privilèges de caste ont été abolis. C’est d’autant plus révoltant, que dans l’épopée révolutionnaire, des femmes se sont montrées à la hauteur des plus grands hommes et souvent les ont inspirés et dirigés quand elles n’ont pas agi elles-mêmes.

Après le discours d’Amar, un seul homme se leva des bancs de la convention, le député Charlier qui soutint énergiquement que les femmes avaient le droit de se réunir pour s’occuper des affaires publiques. « À