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Page:Auclert - Le vote des femmes, 1908.pdf/91

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REVENDICATION DES FEMMES EN 1789

prit n’espérait point se les rendre sympathiques, au contraire :

« Je parle de leurs droits à l’égalité disait-il et non de leur empire. On peut me soupçonner d’une envie secrète de le diminuer, et, depuis que Rousseau a mérité leurs suffrages, en disant qu’elles n’étaient faites que pour nous soigner et propres qu’à nous tourmenter, je ne dois pas espérer qu’elles se déclareront en ma faveur. Mais il est bon de dire la vérité dut-on s’exposer au ridicule. »

Les idées de Condorcet furent exprimées dans plusieurs cahiers de doléances ; celui de Rennes notamment, demande d’admettre les procurateurs des veuves, dont les maris auraient le droit de vote, à être électeurs et éligibles. Mais, les requêtes de ces précurseurs du féminisme ne furent pas entendues.

Quand dans les réunions publiques quelqu’un parlait d’appeler les femmes à exercer leurs droits ; aussitôt, des cris et des hurlements couvraient la voix de l’orateur et si l’on ne pouvait lui enlever la parole, la séance était levée.

La cabale des clubs contre les droits de la femme, fut bientôt répercutée au sein de l’assemblée législative : La loi du 20 mai 1793 fit exclure les femmes des tribunes de la Convention, et la loi du 26 mai 1793 leur défendit d’assister aux assemblées politiques.

Trois journaux : l’Orateur du peuple, Le Cercle Social, La Bouche de Fer, soutenaient le droit des femmes, aidaient les femmes à organiser des réunions. Labenette