Ouvrir le menu principal

Page:Auclert - Le vote des femmes, 1908.pdf/69

Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.
61
LA RELIGION LAÏQUE

Que la personne dont j’ai parlé développe ses idées dans des réunions, qu’elle les communique aux journaux, nous n’avons rien à dire à cela ; qu’elle les transforme en réclamations administratives, nous ne nous en plaignons pas ; qu’elle demande son inscription sur les listes électorales ; qu’elle requière sa radiation du rôle des contributions ; qu’elle postule son admission sur les listes de recrutement ; elle use ou elle usera d’un droit et les inconvénients sont nuls ; les pouvoirs compétents ont statué ou statueront.

Mais ici le cas est tout différent, il n’y a pas de droit ; et, quant aux inconvénients, ils éclatent d’eux-mêmes : demain, un partisan d’idées opposées à celles qui ont été exposées à la mairie du dixième arrondissement prendrait la parole ; puis ce serait le tour d’un autre, et la polémique et les discours des clubs s’établiraient dans la maison de la loi et la transformeraient en lieu de trouble et d’agitation, à la grande joie de nos ennemis.

Toute personne n’a pas le droit de prendre la parole à un mariage civil. Cela est bon à rappeler.

Mais la condition essentielle qui constitue la seule garantie véritable contre les incidents imprévus c’est la présence continue de l’officier de l’état-civil.

Il importe que vous soyez là, que vous y soyez jusqu’à la fin, pour qu’au premier écart qui se produirait, vous déclariez la séance levée et donniez l’ordre de faire évacuer la salle.

Veuillez agréer, messieurs et chers collaborateurs, l’expression de mes sentiments affectueux et dévoués.

Le sénateur, préfet de la Seine,
F. HÉROLD.