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Page:Auclert - Le vote des femmes, 1908.pdf/67

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LA RELIGION LAÏQUE


Je fus un jour déléguée par une société de libres-penseurs pour prendre la parole à un mariage civil. Aucun programme ne m’ayant été tracé, je crus avoir carte blanche et après avoir entendu le maire lire aux nouveaux époux les articles 213-214-215-217 du Code civil, je ne pus m’empêcher de dire aux conjoints :

« Il ne suffit pas que vous vous absteniez d’aller à l’Église faire bénir votre union, vous devez encore réprouver le texte de la loi basée sur l’esprit de l‘Église qui consacre le principe d'autorité. Si vous voulez être heureux dans le mariage, traitez-vous en amis ! en associés ! en égaux !… Ne tenez pas plus compte de la loi qui outrage et infériorise la femme, que vous n’avez tenu compte du droit canonique qui vous en joignait de vous marier à l’Église. »

Le préfet de la Seine indigné qu’il soit fait des correctifs au Code, adressa aux maires de Paris la circulaire suivante :