Ouvrir le menu principal

Page:Auclert - Le vote des femmes, 1908.pdf/64

Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.
56
LE VOTE DES FEMMES

La séparation de l'église et de l’État en ses divers incidents, a révélé que ce croquemitaine le cléricalisme, avec lequel on impose depuis si longtemps silence aux femmes, est un épouvantail aussi fictif que ceux dont on se sert pour effrayer les enfants.

Du moment que les ministres des différents cultes sont électeurs on n’a pas d’objection à faire contre l’électorat des femmes fussent-elles pratiquantes de ces cultes.

Car, si le fait d’avoir les opinions religieuses est par lui-même répréhensible, peu importe le sexe des personnes qui ont ses opinions. On peut même soutenir que les actes religieux accomplis par les hommes qui se sont attribué dans la société un rôle prépondérant, ont une portée plus considérable que ceux accomplis par des femmes annulées.

Pourquoi les femmes croyantes seraient-elles donc traitées avec plus de rigueur que les hommes croyants ?

On ne demande pas aux hommes quelles seraient leurs idées philosophiques quand on leur délivre la carte électorale : les prêtres, les pasteurs, les rabbins, la reçoivent, comme les libres-penseurs.

Puisque les hommes ne sont pas spoliés de leurs droits pour cause d’opinions, pourquoi les femmes le seraient-elles ?

Si la religiosité aide plutôt des hommes à s’élever dans la République aux premières fonctions et dignités, comment cette religiosité ferait-elle dégrader civiquement les femmes ?