Ouvrir le menu principal

Page:Auclert - Le vote des femmes, 1908.pdf/54

Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.
46
LE VOTE DES FEMMES

la politique aurait de suite un résultat heureux pour tout le sexe, attendu que les intérêts féminins étant identiques, les dames électeurs sauvegarderaient avec les leurs, les intérêts des autres femmes.

Il est bien entendu, que nous voulons le suffrage pour les épouses comme pour les demoiselles, les veuves, les divorcées. Pendant que toutes les femmes de la nation ne voteront point avec les hommes, le suffrage ne sera pas en France universel, mais plus ou moins restreint, réduit, émasculé.

Ce principe posé, en reconnaîtra que c’est une tactique habile d'employer les célibataires à faire une brèche en la forteresse des privilèges masculins par où l’armée entière des femmes passera. Nul ne peut nous blâmer de pousser vers les urnes les plus libres pour hâter l’affranchissement de celles qui le sont le moins ; car, en politique comme à la guerre et au jeu, il faut savoir user de stratagème pour être victorieux.

Ne vaudrait-il pas mieux que les moins assujetties parmi les femmes aient avec le bulletin le pouvoir d’arracher aux fers les triplement enchaînées, que de les regarder souffrir sans avoir la possibilité de leur porter secours ?

Les législateurs n’osent appeler à exercer leurs droits politiques, les filles majeures, les veuves et les divorcées, parce qu’ils savent bien que le sexe féminin, entier, aussitôt les suivrait dans la salle de vote.

Cependant, la très nette déclaration ci-dessous fut un jour faite à la chambre par un orateur : « Il y a des