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LE VOTE DES FEMMES CÉLIBATAIRES

que les femmes mariées ne sont, pas plus que les célibataires, dans un état immuable et permanent.

Tous les jours, des épouses deviennent veuves, donc célibataires ; tous les jours, des filles majeures, des veuves, des divorcées deviennent des femmes mariées. Alternativement, les Françaises se remplacent dans leurs successives conditions ; aussi, la tactique consistant à revendiquer d’abord le suffrage pour les momentanément majeures, c’est-à-dire pour les femmes ayant l’aptitude exigée des hommes pour être électeur, ne peut être qualifiée de transaction. C’est un moyen employé pour réussir.

Il ne peut point être question de décider à quelle catégorie de femmes on va donner le vote. Toutes les Françaises sont dans une situation trop instable pour être classées par catégories, et toutes ont droit au vote.

Il s’agit de faire obtenir adroitement le suffrage au sexe féminin. Si on le réclame pour la généralité des femmes, on jette sans profit l’alarme au camp des maris. Si, au contraire, on introduit dans la citadelle politique, afin qu’elles en ouvrent la porte à toutes ; celles qui parmi les femmes n’ont pas leurs mouvements paralysés par la puissance maritale, on aplanit les difficultés, on prévient les objections et très promptement on triomphe.

La revendication du suffrage pour les Françaises qui