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LE VOTE DES FEMMES

les projets de réforme, des électeurs avouent, s’ils sont commerçants, que sans leur femme, ils ne pourraient faire honneur à leurs affaires…

S’ils sont ouvriers, employés, médecins, avocats, petits rentiers, confessent que, sans leur femme, ils ne parviendraient point à équilibrer leur budget, à vivre.

À la ville comme à la campagne, c’est quotidiennement que l’on entend des Français dire : que cent francs ne valent pour l’homme que soixante francs, tandis que pour la femme, cent francs sont l’équivalent de cent vingt francs.

Alors !… le voilà bien trouvé le moyen de mettre fin aux déficits budgétaires et de rendre possibles les transformations sociales souhaitées.

Ce moyen consiste à cofier aux femmes, qui ont de si grandes facultés d’épargne, tout ce qui a rapport aux finances.

Tout le monde a sous les yeux l’exemple d’hommes qui, en dépensant de très grosses sommes, ne parviennent pas en la maison à réaliser le bien-être que couramment les femmes y introduisent, avec peu d’argent. Eh bien, l’État est une agglomération de maisons à administrer. Or, n’est-ce pas imprudent de confier aux seuls hommes, qui se montrent souvent inhabiles à équilibrer leur budget individuel, le budget national ? Attendra-t-on que la France ait déposé son bilan, pour charger l’élément féminin d’introduire (les réformes en nos finances ?

L’accroissement des dépenses, devrait susciter un pa-