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LE VOTE DES FEMMES

assemblées où un seul sexe est représenté ne peut convenir à la nation tout entière.

Les hommes clairvoyants se rendent compte de cela ; aussi, le nombre augmente de ceux qui osent proposer de s’adjoindre les femmes pour combiner les arrangements sociaux.

Les Françaises qui subissent les lois doivent contribuer à les faire.

Comme le dit fort bien M. Jaurès : « C’est l’humanité complète qui doit agir, penser, vivre, et l’on a bien tort de redouter que le suffrage des femmes soit une puissance de réaction, quand c’est par leur passivité et leur servitude qu’elles pèsent sur le progrès humain. »

Les millions de femmes qui sont ouvrières, et les millions de femmes qui sont ménagères doivent pouvoir, en votant, régler les relations extérieures au point de vue économique et politique, en raison des traités de commerce qui élèvent ou abaissant le prix des denrées et de la main-d’œuvre.

On a entendu un ministre des finances se plaindre de ne pas trouver chez les députés le sens de l’économie. C’est que le sens de l’économie n’est réellement possédé que par l’élément féminin. Or justement, l’élément féminin est exclu de la Chambre.

Si le Parlement, où nulle femme ne siège et où n’est