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Page:Auclert - Le vote des femmes, 1908.pdf/223

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INSTAURATRICES DE BIEN-ÊTRE

moment du péril, on appelle sur les champs de bataille la réserve, les régiments de renfort.

Le sexe masculin ne peut suppléer le couple humain pour administrer la société. Dans l’intérêt de l’ordre et de la prospérité publique, les femmes doivent compléter les hommes au Palais-Bourbon et à l’Hôtel de Ville ?

Les Français cumulent à leur préjudice, les rôles masculins et féminins dans la République. Ce n’est pas seulement au détriment du bien général, c’est au détriment de leur sauté, de leur vie, que les hommes s’obstinent à tout régir dans l’État.

Pendant, en effet, qu’en leurs laboratoires des savants s’efforcent de découvrir le moyen d’anéantir microbes et bacilles, de nombreux organismes humains sont détériorés par une alimentation défectueuse. C’est que par une de ces contradictions qui abondent en notre ordre social, les femmes qui sont chargées de ravitailler

maison, d’apprêter les aliments, ne peuvent contribuer à améliorer la manière de sustenter l’humanité ; elles ne sont pas plus admises à réglementer les approvisionnements des marchés, qu’à inspecter les comestibles.

Pourquoi les femmes ne siègent-elles pas dans les commissions d’hygiène ? Pourquoi les femmes ne sont-elles point désignées pour surveiller le commerce des denrées alimentaires ?

— Parce qu’elles ne votent pas ; et que même les emplois qui conviennent particulièrement aux femmes, sont seulement donnés aux électeurs.