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Page:Auclert - Le vote des femmes, 1908.pdf/221

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INSTAURATRICES DE BIEN-ÊTRE

proposer de mettre à profit leur habileté pour la gestion du budget national.

Profonde erreur, ces messieurs entendent se réserver le monopole de la compétence, en matière administrative ; et s’attribuer, à eux exclusivement, toute fonction rétribuée.

Le préjugé fait s’éterniser le masculinisme ; cependant, nous ne serons une démocratie que le jour où les femmes exerceront en France leurs droits civiques comme les hommes ; car « la démocratie est l’organisation politique dans laquelle tout est véritablement fait par tous et pour tous. »

Chacun ne comprend-il pas quel intérêt il y aurait à avoir, en même temps qu’une commission d’hommes habitués à dépenser sans compter, une commission de femmes rompues à l’économie, pour contrôler les budgets ?

Les Français sont dans l’erreur, lorsqu’ils pensent que la citoyenne ferait disparaître la ménagère. C’est justement le contraire qui aurait lieu ; puisqu’il est impossible à la femme d’être une parfaite ménagère, c’est-à-dire, une instauratrice de bien-être, sans devenir une citoyenne.

Pour que l’homme trouve chez lui le réconfort physique et moral que lui procureront une saine habitation, une alimentation substantielle, il est indispensable que sa compagne participe à l’administration de la société, surveille dans la commune et dans l’État, la production et la vente des choses nécessaires à l’existence.