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LE VOTE DES FEMMES

sence de garanties contre la mort par la faim ; et, pour la minorité, la profusion des jouissances, la vigilance à prévenir les désirs.

La prudence conseille de ne plus confier à l’homme, le soin d’assumer seul, sans le concours de la femme, la responsabilité de la vie humaine.

C’est parce que la ménagère est exclue des conseils de la nation, qu’il y a souvent disette au lieu de surabondance.

Le Français qui sacrifie dans l’État l’indispensable au superflu est dans la maison un être très positif. Si pauvre qu’il soit, il veut le bien-être : logement, vêtements chauds l’hiver, en toutes saisons bonne table.

Quand il s’agit de réaliser avec un maigre budget ce desideratum, quel embarras dans le ménage ! On calcule, on additionne, on soustrait ; l’homme se décourage, la femme s’ingénie, elle augmente la valeur d’emploi de l’argent et parvient à faire face aux dépenses.

Le mari, qui ne manque de rien, qui se trouve plutôt à son aise, finit par se reposer complètement sur le savoir-faire de sa femme, il la laisse pourvoir à tout. Point avare d’éloges d’ailleurs, il apprend à chacun qu’avec peu d’argent, sa compagne lui fait une vie confortable. La logique permettrait de supposer que tous les maris, plus satisfaits les uns que les autres de la manière dont leurs épouses gèrent le budget familial, vont