Ouvrir le menu principal

Page:Auclert - Le vote des femmes, 1908.pdf/215

Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.



LE FORÇAGE DES IDÉES


Les Françaises déprimées par la servitude ont peur de la liberté et haïssent ceux qui veulent les affranchir. Il y a plus d’un siècle que Condorcet fit de cela la remarque en disant : « que les femmes ne lui pardonneraient point de réclamer leurs droits politiques. »

Les Françaises ont une docilité de brebis qui surprend même les bergers.

Eh bien ! il suffirait qu’un berger entre-bâille devant ces brebis, les femmes, la porte des gras pâturages politiques, pour que le troupeau féminin entier s’efforce de s’y précipiter. Mais, qu’est-ce qui décidera un berger, c’est-à-dire un député, à monter à la tribune de la Chambre, pour demander que les femmes aient leur part des prérogatives dont les hommes ont le monopole ?

– Les principes ? L’égalité ?

– Hélas ! tout cela est trop passé de mode pour pouvoir aiguillonner un être et susciter un effort.

Actuellement, la plus juste des causes reste en souffrance si l’on ne gagne rien à la défendre.