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Page:Auclert - Le vote des femmes, 1908.pdf/169

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LE DROIT POUR LES FEMMES DE PÉTITIONNER

« Dans la discussion et le vote des lois qui visent particulièrement les femmes, les projets qui leur seraient favorables sont écartés, pour ce principal motif qu’ils gênent l’autocratie masculine, ou prennent pour les femmes un peu des budgets que les hommes se sont presque exclusivement attribués.

« Nous vous demandons, messieurs les députés, de décider que ces mots « Les Français » soient interprétés dans la loi électorale comme ils le sont dans la loi civile. Ces mots « Les Français » qui comprennent les deux sexes comme contribuables doivent comprendre les deux sexes comme électeurs, donc, leur conférer, au même titre, le droit au vote municipal et politique, le droit à l’éligibilité.

« Les femmes ont autant d’intérêt que les hommes à la confection des bonnes lois, à la répartition équitable des budgets. Or, l’exercice des droits civiques est le seul moyen pour elles de contrôler ce qui se fait, de garantir à la fois leurs intérêts et leur liberté.


Cette pétition couverte de plus de mille signatures fut rejetée par l’ordre du jour.

M. Cavaignac dit dans son rapport : « Il n’est pas permis de parler légèrement d’une thèse dont des hommes éminents et parmi eux Stuart Mill, se sont faits les défenseurs éloquents. Mais l’opinion n’est pas suffisamment préparée, à voir siéger sur les bancs de nos assemblées un élément étranger au sexe masculin. Les femmes ne sont pas préparées au maniement des affaires publiques. »

Hé ! ce ne sera qu’en votant et en légiférant que les femmes deviendront d’habiles législatrices.