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Page:Auclert - Le vote des femmes, 1908.pdf/141

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LE BLUFF ÉLECTORAL

versaliser aux deux sexes et pouvoir partout s’exercer pour avoir droit de s’appeler universel.

Les usurpateurs donnent à la loi électorale une interprétation contradictoire. Après lui avoir fait dire que les femmes ne doivent pas nommer de représentants pour détendre leurs intérêts ; ils lui font proclamer que les femmes ont le droit d’être représentées… – Représentées sans représentants ?

Parfaitement ; ce subterfuge autorise à prendre pour base de l’élection des députés cent mille habitants au lieu de cent mille électeurs.

Les Françaises qui sont trouvées indignes d’envoyer des mandataires au Parlement, sont trouvées dignes d’être comptées comme les brebis d’un troupeau, pour faire nombre et permettre aux éligibles d’augmenter, avec les sièges à la Chambre, leur chance d’être élus.

Ce ne sont pas les habitants, mais les seuls électeurs qui doivent être pris pour base de l’élection des députés.

Si l’on exigeait pour l’élection d’un député, cent mille électeurs au lieu de cent mille habitants, les femmes voteraient bientôt ; attendu, que les législateurs de tous les partis seraient d'accord pour leur octroyer l’électorat. Aiguillonnés par l'intérêt, ils soutiendraient que la nation n’est pas exactement représentée à la Chambre pendant que les femmes ne votent pas ; et, ils auraient vite mis le bulletin dans la main des annulées afin de ne point perdre leur place au Parlement.

Présentement, désintéressés de l’établissement du