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Page:Auclert - Le vote des femmes, 1908.pdf/136

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LE VOTE DES FEMMES

« Attendu que les lois et décrets qui régissent les élections politiques ne contiennent aucune disposition permettant aux femmes d’être inscrite sur la liste électorale. Vu d’autre part, l’arrêt de la cour de cassation de mars 1885, stipulant que les femmes ne peuvent exercer des droits politiques, la demande d'inscription sur les listes électorales de Mme Hubertine Auclert n’est pas admise.

« Le maire du XIe arrondissement. »

En nombre de villes et de communes, des citoyennes ont vainement demandé leur inscription électorale. Les femmes du peuple, les travailleuses, qui se laissent guider par la droite raison, ont depuis longtemps dans différents départements réclamé leur inscription sur les listes.

« Nous avions, disent-elles, lu les affiches pour la révision de la liste électorale et ignorant que les femmes n’étaient point électeurs, nous sommes allées une bande à la mairie demander qu’on nous inscrive.

Les hommes qui étaient là, se sont bien moqués de nous ; nous leur avons répondu qu’il n’y avait pas de quoi rire parce qu’on avait fait la bêtise d’empêcher de voter les femmes. »

Maintenant, quand les dames demandent à être électeurs on ne leur répond plus comme autrefois. «  Les chevaux et les bœufs voteront avant les femmes. » On leur donne un récépissé de leur demande d’inscription.