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Page:Auclert - Le vote des femmes, 1908.pdf/133

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L’INSCRIPTlON SUR LES LISTES ÉLECTORALES

Les hommes voleurs peuvent voter, tandis que les femmes intègres sont frappées d’interdiction civique.

Depuis longtemps nous réclamons contre cette anomalie. Dès 1880, dans tous les arrondissements de Paris, des dames membres de la Société « Le Droit des Femmes » ont demandé leur inscription sur les listes électorales.

Le maire du Xe arrondissement, motiva dans la lettre ci-dessous, son refus d’inscrire les femmes.

VILLE DE PARIS
Mairie du Xe arrondissement

Nous, maire du Xe arrondissement de Paris,

Vu la demande à nous présentée le 2 février courant, par Mlle Hubertine Auclert, tendant à obtenir son inscription sur la liste électorale du Xe arrondissement

Vu les motifs longuement développés sur lesquels cette demande est fondée.

Vu les lois électorales actuellement en vigueur, notamment le decret organique du 2 février 1852, les lois des 7 juillet 1874 et 30 novembre 1875.

Considérant que, depuis 1789, jusqu’à nos jours, toutes les lois électorales qui se sont succédé ont été sans exception aucune, interprétées et appliquées en ce sens qu’elles ont conféré et confèrent des droits seulement aux hommes et non aux femmes ;

Considérant que la prétention formulée par la réclamante de faire ressortir du texte de ces lois une interprétation dont le résultat serait de créer en faveur des femmes des