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Page:Auclert - Le vote des femmes, 1908.pdf/13

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LE SIMULACRE DU SUFFRAGE UNIVERSEL

aptes à garder en permanence leur souveraineté, capables de se donner à eux-mêmes leur règle et leurs lois ?


Le suffrage est une machine à progrès, qui pour produire des effets, doit être mise en mouvement par la volonté mâle et femelle de la nation ; mais qui seulement activée par un petit nombre d’hommes, est faute de force motrice réduite à l’impuissance.

Avant de déprécier le suffrage universel, qu’on le fasse fonctionner ; car, s’il ne donne les résultats promis c’est parce qu’il est faussé dans son principe, tronqué dans son application.

De même que beaucoup d’inventions modernes, qui ne deviennent utilisables qu’à l’aide de certaines combinaisons ; le suffrage a besoin de toutes les énergies féminines et masculines de la nation, pour devenir l’instrument d’évolution capable de transformer l’état social.

Pour tirer profit de l’excellente institution du suffrage, il faut l’appliquer rigoureusement dans toute l’étendue qu’elle comporte en l’universalisant. Il ne suffit pas de travestir les mots de notre langue, de faire l’apothéose d’une contre vérité, pour donner à un suffrage mutilé l’autorité et la puissance de celui qui engloberait l’intégralité des Français et des Françaises.

Le suffrage ne produira des résultats mathématiques, que quand pratiqué par les deux sexes, il aura été soumis à un dressage qui le rendra conscient.

Actuellement, le suffrage universel n’est pas. Ce qui