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Page:Assollant - Aventures merveilleuses mais authentiques du capitaine Corcoran, II.djvu/87

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j’ose me flatter de connaître à fond ma profession, un aide tel que Baber n’est pas à dédaigner. Par un bonheur extraordinaire, ce coquin croit avoir à se plaindre du capitaine Corcoran, qui l’a chassé du pays des Mahrattes. « Sans lui, dit-il, je vivrais bien tranquille au fond du royaume d’Holkar ; je jouirais paisiblement d’une fortune acquise par tant d’honorables travaux, et je serais heureux sous ma vigne et mon figuier avec ma femme et mes enfants, comme un patriarche. »

« Un motif plus singulier encore, et qui fera sans doute sourire Votre Seigneurie, l’a rendu l’ennemi irréconciliable du maharajah.

« Baber (où l’amour-propre va-t-il se nicher ?) se croit le premier homme de son temps et tout à fait invincible dans l’exercice de sa profession. S’il a subi quelques échecs dans le cours d’une vie déjà longue, ces échecs ne sont pas, dit-il, un effet de la faiblesse de son génie, mais de la sensibilité de son cœur. Deux fois les femmes l’on trahi et vendu ; mais aujourd’hui, plein d’expérience et de jours, revenu de sa passion aveugle pour un sexe trompeur, il se flatte de ne plus craindre personne, et l’idée d’obtenir du gouvernement anglais sa grâce et trois cent mille roupies (je n’ai pas cru hasarder trop en lui promettant cette somme de la part de Votre Seigneurie), l’idée plus éblouissante encore de prendre mort