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Page:Assollant - Aventures merveilleuses mais authentiques du capitaine Corcoran, II.djvu/72

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formidable sur le mufle du tigre, dont il sentait déjà la chaleur sur son cou, que le tigre lâcha prise et recula de douleur.

Ce ne fut qu’une seconde, mais elle suffit à Corcoran pour se dégager et se trouver debout. De la main gauche saisissant son revolver, il allait faire feu sur le tigre qui revenait à la charge, lorsqu’un accident imprévu mit fin au combat.

Tout à coup, un autre tigre, un peu moins grand, mais plus beau que le premier, arriva en bondissant, et, au lien de secourir son camarade, le saisit à la gorge avec ses dents, le roula à terre et lui administra une correction si sévère que Corcoran lui-même en demeura stupéfait, et que le docteur Scipio Ruskaert en ouvrit des yeux plus grands que des portes cochères.

Ce tigre, ou plutôt cette tigresse au pelage soyeux, lustré, brillant, tacheté, l’avez-vous deviné ? c’était Louison. Quant à l’autre, c’était son frère Garamagrif, qu’elle avait suivi au fond des bois et qu’elle avait épousé suivant la coutume des tigres de Java.

On a parlé beaucoup de la cruauté des tigres, et M. de Buffon, naturaliste qui avait plus de style que de science, a écrit de fort belles choses sur le mauvais caractère de ces animaux ; mais, dites-moi, quelle est la femme qui aurait montré plus d’honneur, plus de vertu, de bonté, de douceur