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esclave de l’homme. Notre tapis sera l’herbe fraîche et parfumée de la vallée, notre toit sera la voûte céleste. Viens avec moi. »

En même temps une mélodie étrange, qui avait l’apparence d’un rugissement sauvage, roulait dans son gosier en cascades sonores.

Louison ne se laissa pas émouvoir. D’un coup d’œil expressif elle lui montra Corcoran, ce qui, dans la langue des tigres, signifiait assez clairement : « Mon cher frère à la robe tachetée, j’écoute avec plaisir tes discours, mais il y a des témoins. »

Les yeux du tigre se tournèrent aussitôt vers le Malouin et exprimèrent la plus terrible férocité, ce qui signifiait évidemment :

« N’est-ce que cet importun qui te gêne ? Sois tranquille, je vais t’en débarrasser sur-le-champ. »

Déjà il se ramassait pour prendre son élan et sauter sur le mur. De son côte, Corcoran s’apprêtait à le recevoir avec son revolver…

Au moment même où le grand tigre s’élançait, un autre tigre, que personne n’avait vu ni entendu jusque-là, bondit sur lui, le saisit à la gorge et le fit rouler sur l’herbe. Le premier se releva aussitôt et, d’un coup de sa griffe puissante, entama les entrailles de son ennemi en poussant un rugissement de fureur. Le combat fut quelques instants douteux. Le frère de Louison, quoique