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dans mon île ou même à Bhagavapour, si cela te convient mieux,

— Non, je n’en aurai pas le démenti ! s’écria Corcoran. Tu emmèneras Sita et Rama ; mais moi, je veux sortir d’ici par mes seules forces, et défier cet insupportable Anglais.

— Il est fou ! dit Quaterquem, mais il est encore plus Breton, c’est-à-dire entêté… Le voilà qui veut traverser l’armée anglaise ! Y songes-tu ?

— J’y songe si bien, que si tu veux planer un instant au-dessus de ma tête, tu me le verras faire avant un quart d’heure. D’ailleurs, crois-tu que je veuille abandonner à l’ennemi Louison et Scindiah ? Ce serait une noire ingratitude. »

Le prières et les embrassements de Sita ne purent fléchir la résolution de Maharajah. Il attendit patiemment que Quaterquem fût parti avec la Frégate, et, resté seul sur le rocher, il éveilla doucement Scindiah, qui dormait en rêvant au bonheur de manger de la paille de riz ou de la canne à sucre.

Louison descendit la première pour éclairer la route. Corcoran venait après elle, ayant Scindiah à sa droite et Moustache à sa gauche. Le terrible Garamagrif fermait la marche.

Mais une caravane si nombreuse ne pouvait passer inaperçue au milieu de l’armée anglaise. Une sentinelle donna l’alarme et fit feu.