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Page:Assollant - Aventures merveilleuses mais authentiques du capitaine Corcoran, II.djvu/26

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— Mais enfin, seigneur, insista Sougriva, s’ils prennent les armes ?

— S’ils prennent les armes, ils violent la loi. S’ils violent la loi, je les ferai fusiller.

— Quoi ! ne ferez-vous aucune grâce ? demanda Sita.

— Aucune pour les chefs. Quand un homme libre viole la loi qui assure sa liberté et celle d’autrui, il est sans excuse, et mérite qu’on en finisse avec lui par la corde, la mitraille ou l’exil. »

Tout à coup Corcoran interrompit la conversation, et, se tournant vers Louison, qui était nonchalamment couchée sur le tapis à côte de Sita :

« Qu’en penses-tu, ma chérie ? » dit-il.

Louison ne répondit pas. Elle ne parut même pas avoir entendu la question. Son regard, d’ordinaire si fin, si intelligent et si gai, errait dans le vide et paraissait distrait.

« Louison est malade, » dit Sita.

Corcoran frappa sur un gong. Aussitôt Ali s’avança. C’était, on s’en souvient, le plus brave et le plus fidèle des serviteurs d’Holkar, et c’est à lui qu’était confiée la garde de Louison.

« Ali, demande Corcoran, est-ce que Louison a perdu l’appétit ?

— Non, seigneur.

— Quelqu’un l’a-t-il maltraitée.

— Seigneur, personne n’oserait.