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Corcoran le saisit au collet, et le retournant de l’autre côté :

« Où vas-tu ? dit-il : c’est là qu’est l’ennemi. »

Et comme l’autre, ne le reconnaissant pas, cherchait encore à fuir :

« Si tu fais un pas de plus, je te brûle la cervelle. »

À ce geste, à ce mot, tout le monde s’arrêta épouvanté. On avait reconnu le maître.

« Seigneur, dit l’officier, nous sommes trahis. Pourquoi n’êtes-vous pas venu plus tôt ? »

— Ne me reconnaissez-vous plus ? demanda le maharajah. Qu’on me donne un cheval, et en avant ! »

À peine obéi, sans s’inquiéter s’il était suivi, il courut à l’avant-garde.

L’officier n’avait pas menti. Le camp mahratte était dans le plus affreux désordre. L’armée, commandée par des traîtres que payait l’or des Anglais, avait été mise en déroute cinq jours auparavant. Trois zémindars avaient donné le signal de la fuite. Deux autres, dont l’un était un Afghan, Usbeck, vieilli au service d’Holkar, avaient passé du côté des Anglais. Le reste, ébranlé par ces fuites et ces défections, avait tourné le dos dès les premières décharges de l’artillerie anglaise.

Enfin tout paraissait perdu.

Mais la vue de Corcoran ranima les courages et fit tourner bride aux fuyards.