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— Cher seigneur, interrompit Sita, voudriez-vous descendre à vous justifier ?

— Qui ? moi ! Que Vichnou m’en préserve ! Est-ce qu’on se justifie lorsqu’on est accusé d’avoir tué père et mère ? Mon Moniteur dira que Barclay est un âne que j’ai étrillé durement, que le gouverneur de Bombay est un drôle et un va-nu-pieds, que lord Braddock est un bandit qu’on devrait empaler, et que tous trois tremblent devant moi comme le chevreuil devant le tigre. Qu’il orne ces belles choses de son style indien et qu’il y ajoute tout ce que son imagination lui offrira de plus mortifiant pour ces trois grands personnages. Puisque la presse est libre dans mes États, c’est bien le moins qu’elle me serve à quelque chose contre mes ennemis.

— À ce propos, seigneur, reprit Sougriva, les journaux de Bhagavapour, profitant de la liberté que vous leur laissez, crient tous les jours contre vous.

— Ah ! ah ! Et que disent-ils ?

— Que vous êtes un aventurier, capable de tous les crimes, que vous opprimez le peuple mahratte, et qu’il faut vous jeter par terre.

— Laisse-les dire. Puisque je suis leur maître, il faut bien qu’ils médisent de moi.

— Mais, seigneur, si l’on se révolte ?

— Et pourquoi se révolteraient-ils ? Où trouveraient-ils un meilleur maître ?