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— Bravo ! très-bien ! s’écria Corcoran. Cet Anglais débute d’une façon admirable. Ah ! ah ! il paraît qu’en effet ils se croient déjà les plus forts, puisqu’ils commencent à m’insulter… Voyons la suite.

«… Ce n’est pas tout. Ce misérable, qui s’est échappé, dit-on, du pénitencier de Cayenne, où il était enfermé avec quelques milliers de ses pareils, a mis tout le pays des Mahrattes en coupe réglée. Suivi d’une armée nombreuse, il parcourt, pille et rançonne, l’une après l’autre, toutes les provinces du royaume d’Holkar, mettant à feu et à sang tout ce qui ose résister… »

Corcoran jeta le journal.

« Voilà, dit-il, comme on écrit l’histoire. C’est par ces mensonges que lord Braddock, le gouverneur général de l’Inde, se prépare à m’attaquer.

— Seigneur, dit Sougriva, que comptez-vous faire ?

— Moi ! rien du tout. Si lord Braddock était homme à mettre habit bas et à s’aligner avec moi sur le terrain, l’épée à la main, je lui couperais la gorge comme il faut ; mais ce gros milord ne voudra jamais risquer sa peau de seigneur… Il faut le payer de même monnaie. C’est mon Moniteur de Bhagavapour qui sera chargé de répliquer.