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tendes ce nez prodigieux qui est si long, si long, qu’on pourrait en faire un pont pour passer le Gange.

— Pour conclure, Scindiah n’est qu’un pleutre.

— Un lâche, ajouta Louison. Et pour preuve, je vais sauter par-dessus, et je parie qu’il n’osera rien dire.

— Bravo ! saute. »

Louison fit le saut, comme elle l’avait dit.

Scindiah ne remua pas plus que s’il avait été de granit ou de marbre.

« Parbleu ! rugit Garamagrif, il ne sera pas dit que tu auras fait mieux que moi. Tu as franchi Scindiah en large ; moi, je vais le franchir en long. »

Et, prenant son élan, il sauta de la queue à la tête.

Mais cette idée ne fut pas aussi heureuse que celle de Louison, car Scindiah, voyant le tigre bondir en l’air, allongea sa trompe par un mouvement si prompt et si adroit, qu’il le saisit au passage, l’enleva malgré ses griffes et le lança sans effort jusqu’à la hauteur du second étage du palais.

À cette vue, Louison poussa un rugissement si terrible, que Sita et Alice, en l’entendent, frémirent de frayeur.

« Séparez-les ! » s’écria Sita.