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heures et demie du soir, — ou peut-être cinq heures, — Alice et Sita revinrent de la promenade portées par le puissent Scindiah, qui marchait d’un pas lent et lourd, mais sûr et majestueux, et qui les déposa dans la grande cour intérieure, au pied de l’escalier du palais d’Holkar.

À peine étaient-elles rentrées, lorsqu’un rugissement, qui ressemblait à un éclat de rire (mais rire de tigre, ce rire qui fait trembler les lions), éclata derrière Scindiah.

Garamagrif le désignait ainsi aux moqueries de Louison, et tous deux, l’un à droite, l’autre à gauche, regardaient le bon éléphant avec une curiosité maligne et méprisante.

Le rugissement de Garamagrif (autant du moins qu’on peut en juger par le peu qu’on connaît de la langue des tigres) signifiait à peu près ceci :

« Louison, regarde-moi ce gros colosse. As-tu rien vu de plus laid, de plus bête et de plus mal bâti ? Aussi tout le monde s’en moque. On lui met sur le dos les charges les plus pesantes. Les ânes eux-mêmes, qui n’ont pas une grande réputation d’intelligence, refusent quelquefois d’obéir ; mais celui-ci, fier et heureux, se dandine comme un marquis, et il n’a même pas la grâce d’un charbonnier. Pouah ! la vilaine bête ! »

À quoi Louison répondit dans sa langue :

« Ami Garamagrif, je reconnais dans ce por-