Page:Assollant - Aventures merveilleuses mais authentiques du capitaine Corcoran, II.djvu/202

Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.


— Quel est ce grand lac qui étincelle à notre droite et réfléchit les feux du soleil ?

— C’est la mer Caspienne, et cette caravane qui fait halte au-dessous de nous, au milieu de la plaine, vient de Téhéran et se dirige vers Balkh, la ville sainte, l’ancienne Bactra, capitale de la Bactriane. Ces cavaliers que tu vois embusqués à sept ou huit lieues de distance, derrière ces ruines, sont de braves Turkomans de Khiva qui attendent la caravane au passage, comme feu Mandrin attendait au siècle dernier les employés de la régie sur les grands chemins de la Bourgogne et du Lyonnais. Chacun fait ici-bas pour vivre le métier qu’il peut, — témoin ton ami Baber.

— Oui, dit Corcoran, mais il y a des métiers horribles.

— Horribles ! mais tous les jours l’homme le plus civilisé, celui que tu rencontres dans tous les salons de Paris et de Londres, fait très-tranquillement des calculs qui lui donneront quelques centaines de mille francs et qui causeront peut-être la mort de plusieurs milliers d’hommes. Je connais à Bombay trois braves négociants — deux parsis et un Anglais, — qui craignent Dieu, qui font leur prière en famille matin et soir, et qui se sont associés l’an dernier pour avoir le monopole du riz dans la présidence de Bomhay. En quinze jours, leurs habiles manœuvres ont dou-