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sa blessure avec une serviette que le nègre épouvanté lui donna.

« Massa, dit Acajou, mettre à terre ce scélérat. Moi pas vouloir l’emmener dans notre île. Baber manger Nini et Zozo !

— Voyons, interrompit Corcoran, Baber, veux-tu gagner cent mille roupies et te venger des Anglais ? »

À cette question, l’Indou sourit à la façon des tigres.

« Seigneur maharajah, dit-il, la vengeance suffirait. Les roupies sont de trop.

— Je te crois, dit Corcoran, car tu m’as l’air d’aimer le vengeance comme mon petit Rama aime les confitures. Mais pour plus de sûreté, je veux y joindre les roupies. Voici déjà une bourse qui en contient deux mille.

— Seigneur maharajah, dit Baber avec dignité, cette confiance m’honore ; mais je ne veux rien recevoir de vous avant de vous avoir rendu service. Depuis que le monde est monde, depuis que Vichnou est sorti du lotus de Brahma, et Siva du lotus de Vichnou, jamais homme plus généreux que vous n’a paru sur la terre. Vous pouvez faire justice et vous pardonnez. Oui, j’ai menti, j’ai volé, j’ai tué, j’ai fait plus de faux serments qu’il n’en faudrait faire pour que la voûte du ciel se brisât en éclats et m’écrasât sous ses débris ; mais je suis