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Page:Assollant - Aventures merveilleuses mais authentiques du capitaine Corcoran, II.djvu/176

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ami, se guidant au moyen des étoiles, aussi sûrement qu’un marin sur l’océan ou moyen de la boussole, et désignait de la main les fleuves et les vallées.

« Tu entend le bruit de la rivière qui coule entre ces deux chaînes de montagnes ? La reconnais-tu ? C’est la Nerbuddah. La montagne de droite est l’une des Ghâtes. Celle de gauche, qui s’élève vers nous toute couverte de forêts sombres, appartient à la chaîne des monts Vindhya… Entends-tu ce murmure, composé de vingt millions de voix d’hommes, de quadrupèdes, d’oiseaux et d’insectes ? C’est l’harmonie du globe terrestre qui ravissait en extase le divin Pythagore. Le grondement sourd qui domine toutes les autres voix, c’est le rugissement rauque du tigre. Cette masse sombre que l’on distingue à peine, et qui paraît se remuer avec tant de lenteur, c’est un troupeau d’éléphants qui gelopent dans une rizière, écrasant tout sous leurs pieds.

— Il s’agit bien d’éléphants, interrompit Corcoran ; j’ai hâte d’arriver au camp.

— Rien de plus facile. »

Quaterquem fit mouvoir un léger ressort. Le gouvernail obéit à sa main comme un enfant docile à la voix de son maître. En cinq minutes, le ballon plana au-dessus d’un camp retranché, entouré de fortes palissades et garni de cent cinquante canons.