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tous les autres. Pour lors, le capitaine se met à lui parler dans son patois, qui est, à ce qu’on m’a dit depuis, une très-belle langue et faite pour les savants. Ce qu’ils se dirent, je ne l’ai pas entendu ; mais j’ai vu les gestes. Le capitaine insistait toujours pour avoir son Gouroukaramta ; l’autre refusait toujours. Tout à coup voilà Louison qui s’impatiente, se dresse debout sur ses pattes de derrière et appuie ses pattes de devant sur les épaules de Corcoran ; histoire de se faire caresser, la câline. Voyant ça, le fakir tombe à genoux, s’écrie que la volonté de Dieu se déclare, que le capitaine est la dixième incarnation de Vichnou, qu’il est prédit dans ses livres que Vichnou doit venir sur la terre avec un tigre apprivoisé ; puis il va chercher son manuscrit et le met dans les mains du capitaine, qui le regardait sans sourciller et sans paraître étonné, comme s’il eût fait le Vichnou toute sa vie. »

Ce récit naïf eut le plus grand succès ; le président félicite Kermadeuc de la part qu’il avait prise à cette glorieuse expédition, et trois jours après on lisait le récit de la séance dans tous les grands journaux de Paris.

En revanche, les journaux anglais déclarèrent unanimement que ce Corcoran était un misérable aventurier, bandit de profession, qu’il avait dérobé le précieux manuscrit du Gouroukaramta à