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Page:Assollant - Aventures merveilleuses mais authentiques du capitaine Corcoran, II.djvu/151

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empereur de Constantinople. C’est ce qui l’a brouillé avec le czar, qui faisait juste le même rêve.

« Il avait déjà la France et l’Italie ; par son frère Joseph il espérait avoir l’Espagne. Tanger, Oran, Alger et Tripoli n’auraient fait qu’une bouchée. L’Égypte l’attendait, le connaissant déjà, et l’isthme de Suez, que M. de Lesseps perce aujourd’hui avec tant de peine, eût été coupé en six mois. Déjà ses ingénieurs avaient retrouvé les traces d’un vieux canal maintenant ensablé et qui date sans doute du feu roi Sésostris. Enfin, de gré ou de force, la mer Méditerranée était à lui, et du haut de Gibraltar les Anglais auraient vu passer ses flottes sans pouvoir les arrêter au passage.

— Qui t’a révélé tous ces beaux projets de Napoléon ? demanda Quaterquem, et de qui tiens-tu ces confidences, qu’il n’a sans doute faites à personne ?

— Me prends-tu pour un romancier ? répliqua le maharajah. T’imagines—tu que je m’amuserais à prêter à ce grand homme des idées de mon cru ? Sache d’abord que Napoléon a toujours été fort mal connu jusqu’ici. Cet homme, qu’on a toujours cru si positif, n’était au fond qu’un grand poëte et un mathématicien distingué. Comme poëte, il avait des fantaisies sans limites ; comme mathématicien, il enveloppait ses fantaisies d’une ap-