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simple. Quand le capitaine fut devenu majesté, et riche, et marié à son goût, il commença à s’ennuyer. — Je lui dis : Capitaine, vous n’êtes pas heureux. Est-ce que ce serait la faute à madame Sita ? (Vous savez, messieurs, le mariage ne réussit pas à tout le monde, et moi qui vous parle, quand madame Kermadeuc n’est pus contente, j’ouvre la porte et je file vivement, oh ! mais vivement, et sans chercher mon chapeau.) Mais il paraît que je m’étais trompé, car il me répondit : « Kermadeuc, mon vieux camarade, Sita est une femme qui n’a pas sa pareille au monde, ni dans la lune, ni dans le pays du Turc et du Moscovite… — C’est égal, capitaine, vous aviez tout à l’heure votre figure vent debout ; je m’y connais, ça n’est pas naturel. » Il me tourna le dos sans rien dire, preuve que j’avais touché juste. Mais dix jours plus tard tout était changé. Il me fit venir un matin. — On vient de m’avertir que le Gouroukaramta est caché dans le temple de Pandara. Veux-tu remonter la rivière avec moi ? — Quand vous voudrez, mon capitaine. Et, sans vous commander, aurons-nous beaucoup de passagers sur mon brick ? — Deux seulement, Louison, que tu connais, et moi. — C’est dit. Nous partons le soir même, et nous remontons le long des monts Vindhya. À droite et à gauche de la rivière on ne voyait plus que de noires forêts. De temps en