Ouvrir le menu principal

Page:Assollant - Aventures merveilleuses mais authentiques du capitaine Corcoran, II.djvu/113

Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.


Effectivement, le sang coulait du bras du docteur Scipio Ruskaërt, mais il ne paraissait pas y faire attention ; il s’apprêtait à faire face à un danger bien autrement terrible.

« Voyons, maître Acajou, dit Corcoran, raconte-nous comment l’affaire s’est passée, puisqu’il n’y a pas d’autre témoin que toi et l’éléphant, et que mon pauvre Scindiah n’a pas reçu du ciel le don de l’éloquence. »

Acajou ne se fit pas prier. Il fit passer de sa joue droite à sa joue gauche une chique qui le gênait un peu, et :

« Massa Quaterquem, dit-il, avoir confié à moi la garde du ballon. Moi, voyant ça, dormir de l’œil droit, ouvrir l’œil gauche de toutes mes forces. Lui (désignant Ruskaërt) monter sur le mur de l’arsenal, faire des signes à quelqu’un de l’autre côté du mur, sauter à bas de l’enceinte, fureter partout, écrire notes avec crayon, compter bombes, boulets ; moi, très-étonné, ouvrir l’œil droit et regarder avec attention. Lui, continuer sa marche, voir le ballon, venir vers moi et vouloir entrer et examiner ressorts mécaniques. Moi trouver lui trop curieux, prendre pistolet à ceinture, amorcer, viser et tirer, pan ! juste quand il entrait. Lui, effrayé, vouloir se sauver par la grande porte, mais arrêté par Scindiah. Animal, Scindiah ! mais pas bête !