Page:Assollant - Aventures merveilleuses mais authentiques du capitaine Corcoran, II.djvu/112

Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.


kar, et qui représente la bataille de Rama contre Ravana et des singes contre les Rakshasas, telle que l’a décrite le poëte Valkimi. Je vous avoue que je n’ai pas pu résister au désir de pénétrer dans l’arsenal pour dessiner les bas-reliefs de ce canon. Je comptais faire une agréable surprise à toutes les sociétés savantes de l’Europe en publiant mon dessin à cent mille exemplaires. J’aurais dû penser que vous gardiez avec un soin jaloux un trésor si rare et si précieux. »

Cette excuse pouvait être vraie. Corcoran reprit d’un ton plus doux :

« Mais comment êtes-vous entré dans l’arsenal ? Enfin, qui a tiré ce coup de feu ? »

Tout à coup une figure nouvelle sortit de terre et répondit sans avoir été interrogée :

« C’est moi, massa, moi Acajou, bon nègre. »

Le nouveau venu était un nègre de la plus grande espèce. Six pieds de haut. Ses bras étaient gros comme des jambes, et ses jambes comme des colonnes. Du reste, une figure pleine de bonhomie, qui riait en montrant ses dents blanches.

« Et que fais-tu là, toi aussi, Acajou, bon nègre que je n’ai jamais vu ? demanda Corcoran.

— Moi garder le ballon en l’absence de massa Quaterquem, massa. Lui curieux, ajouta-t-il en montrant Scipio, moi fidèle ; lui bien attrapé. Coup de revolver dans le bras. »