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Page:Assollant - Aventures merveilleuses mais authentiques du capitaine Corcoran, II.djvu/106

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abriter notre bonheur. Le continent, vu de si haut, nous paraissait une plaine immense, marquée de quelques ondulations imperceptibles au fond desquelles coulaient quelques ruisseaux, l’Indus, le Grange, le Brahmapoutra, le Meinam. Vos monts Vindhya, dont vous êtes si fiers, vos Ghâtes, et l’Himalaya lui-même, nous faisaient l’effet de ces murs que le paysan élève pour marquer la limite de son champ et qu’il franchit d’une enjambée.

Enfin, redescendant vers le sud-est, nous contemplâmes ce merveilleux groupe d’îles immenses et innombrables, parmi lesquelles Java, Sumatra et Bornéo tiennent le premier rang. Là, tout nous attirait, la fertilité du sol, la beauté du climat, et même la solitude ; car les hommes, animaux sociables et féroces, aiment à se réunir par milliers dans quelques coins de l’univers pour se dévorer plus commodément. J’enrage quand je vois des imbéciles qui s’appellent hommes d’État, entasser leurs peuples dans un étroit espace où tout manque, le pain, le vêtement, l’air et le soleil, et s’arracher à coups de canon des lambeaux de terre, pendant que des centaines de mille lieues carrées restent sans habitants.

— Mon ami, interrompit Corcoran, tu as raison, mais dis-nous vite où est ton île. Est-elle voisine de Barataria où Sancho Pança fut gouverneur ?

— Mieux encore, continua Ouaterquem. Mon île