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Page:Assollant - Aventures merveilleuses mais authentiques du capitaine Corcoran, II.djvu/105

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nisme de mon invention qui est assez ingénieux, je m’en vante.

Je ne m’étais pas trompé. Après cet horrible carnage, il y eut dans la foule qui couvrait les remparts de Ségo un instant de stupeur ; puis une rage furieuses s’empara de tous les spectateurs, on massacra les gardes du sultan, on le saisit lui-même, on égorgea devant lui ses femmes et ses enfants, on bâtit sur leurs cadavres une tour, au sommet de cette tour on fixa un plancher, et l’on cloua les membres du sultan sur ce plancher, de façon qu’il eût la tête tournée vers le ciel et qu’il fût vivant, la pâture des oiseaux de proie. Je t’avoue, mon cher maharajah, qu’un tel spectacle m’ôta pour jamais l’envie de m’établir sur les bords du Niger, du Nil ou du Zambèze, et m’aurait rendu le goût de la solitude, si j’avais pu le perdre.

Nous revînmes donc à ma première pensée, qui était de chercher une île déserte. Mais où trouver cette île précieuse, à l’abri de tous les pirates, de tous les marins, de tous les explorateurs ? Excepté dans l’océan Pacifique, il n’y a pas un pouce de terre où les Européens n’aient planté quelque drapeau unicolore, bicolore ou tricolore.

Nous cherchâmes longtemps. Notre ballon plana pendant huit ou dix jours au-dessus de la mer des Indes et de l’Asie méridionale ; mais nous ne trouvions aucune île, aucun rocher assez sûr pour