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Page:Assollant - Aventures merveilleuses mais authentiques du capitaine Corcoran, II.djvu/102

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publier ma découverte dans l’intérêt du genre humain, et, entre nous, c’était une sotte idée, car le genre humain ne veut guère qu’on s’occupe de lui ; mais j’eus le bonheur que l’Académie des sciences se moqua de ma découverte, et, sur le rapport de je ne sais quel vieux savant qui avait longtemps cherché la solution du problème sans le découvrir, déclara que j’étais fou à lier. Par bonheur, j’étais déjà marié, et le vieux Cornelius Hornsby, mon beau-père, qui ne m’avait accordé la main de sa fille qu’en échange du brevet d’invention que je devais prendre, et qu’il devait exploiter en France et en Angleterre, s’écria que je l’avais indignement trompé, me rendit ma parole, me donna sa malédiction et jura de ne plus revoir sa fille.

— Pauvre père ! dit Alice.

— Cette fois, Alice et moi, nous avions la bride sur le cou. Alice, un instant ébranlée, reprit bientôt confiance, je construisis mon ballon et j’en adaptai les diverses pièces moi-même, de peur d’indiscrétion, dans un village à cent lieues de Paris ; je m’approvisionnai et je partis un soir avec Alice, décidé à chercher asile dans un pays qui n’eût jamais vu l’ombre d’un académicien ou d’une société savante.

— Et tu as choisi Bhagavapour, cher ami ?

— Ni Bhagavapour, ni aucune autre capitale, ni aucun pays civilisé ou peuplé, répliqua Quater-