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LES RELATIONS DE LA PRESSE…

tendent ne recevoir de vous que de mauvais exemples : bornez vos adoptions linguistiques aux mots italiens, espagnols, russes, arabes ou palestiniens. Ou si vous avez des faiblesses pour l’anglais, écrivez tout de suite, de grâce, comme Marcel Boulenger, coquetel, et comme je ne sais plus qui, interviou, non pas interviouve, car en anglais, le w final ne se prononce pas.

Pour son émancipation intellectuelle. À lire ce qui se passe hors de son pays, et sans verser dans l’erreur doctrinale, toujours redoutée chez nous, on s’élargit forcément l’esprit. Vous aurez d’autant plus d’empire sur notre peuple, par l’entremise de nos journaux, que vous saurez suivre la ligne traditionnelle, les normes historiques, de l’esprit français. L’illustre Lyautey, catholique pratiquant, a osé constater avec satisfaction que le Français est catholique et anticlérical. Je n’irais pas jusqu’à dire que le Canadien est peu catholique et très clérical, mais la lecture de certains journaux français nous aiderait peut-être à devenir plus catholiques au vrai sens et moins cléricaux au mauvais sens du terme. Sujet délicat, délicat, délicat, qu’il ne faut pas approcher dans un esprit d’anticléricalisme homaisien, mais seulement dans l’idée que le laïque catholique a lui aussi sa place au soleil. Glissons…

Le contact entre nos deux presses peut s’envisager au triple point de vue des relations individuelles, des relations de journal à journal, ou des relations à établir entre groupes ou syndicats.

L’amélioration et l’extension des relations individuelles sont d’une nécessité qui saute aux yeux. Plusieurs journalistes français ont déjà visité le Canada. Un des premiers et des plus illustres fut Alphonse Allais. Un autre fut Gaston Deschamps,