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se fit rapporter par Porchères les particularités de la mort de son maître : nous avons même relevé dans l’introduction (p. 18 V)la ressemblance, pour le tour, de cette historiette avec celle qui la précède et qui fait partie des Mémoires de Racan.

En somme, la mort de Malherbe confirme sa vie en tout point et particulièrement pour la religion, et notre conviction reste que Malherbe fut sincèrement, mais froidement catholique, et qu’il observa sa religion sans avoir l’âme religieuse.

V. Revue bleue, p. 733, col. 1.


La Pauvreté de Malherbe.

Anecdote 34. (P. 236.) Le lendemain de sa mort, M. de Malleville écrivant à feu Madame Desloges, et luy en donnant avis, luy manda que s’il ne fust mort de maladie, il fust mort de faim ; par ce qu’on ne luy trouva autre argent que deux quarts d’escus. C’est ce qui porta M. de Gombaud à luy faire cet [sic] Epitaphe

L’Apollon de nos jours, Malherbe icy repose,
Il a vescu long-temps sans beaucoup de support ;
En quel siècle, Passant, je n’en dis autre chose.
Il est mort pauvre, et moy je vis comme il est mort.

Conrart tenait sans doute le commencement de cette anecdote de Mmedes Loges.

Il est probable que Malherbe ne fût pas mort de faim. IL y a de la rhétorique dans le mot de Malleville.

Néanmoins il ne fut jamais riche, malgré la modération de son train et en dépit de sa versatilité politique : chose surprenante, il n’était pas « ménager », c’est du moins lui qui le