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La Poudre de Chypre.

Anecdote 32. (P. 232) Estant en voyage, et passant à Auxerre, il luy prit fantaisie d’avoir de la poudre de Chypre, et envoya son valet dire à un homme qui en vendoit, qu’il lui en apportast ; le Marchand luy en ayant montré, qu’il vouloit vendre 50 s. l’once ; M. de Malherbe luy dit qu’il n’en vouloit point, et qu’elle ne devoit pas estre bonne à ce prix-la ; si bien que le Marchand s’en retourna. Le valet, qui connoissoit l’humeur de son Me alla retrouver le Marchand, et l’instruisit de ce qu’il devoit faire, à condition qu’il auroit part au gain qu’il feroit de plus qu’il n’eust fait. Le Marchand revint donc au logis où estoit logé M. de Malherbe, et luy montrant la même poudre que…

(Coupé par le relieur…) quelle valoit cent sols …

Nous proposons une restitution dans le genre de celle-ci : lui montrant la même poudre que [celle qu’il luy avoit montrée auparavant, il luy dit ] qu’elle valoit cent sols [, sur quoy M. de Malherbe en voulut acheter.]

Le Bibliophile Jacob avait fait cette autre restitution un peu plus courte, mais contraire aux derniers mots qu’on peut lire sur le ms. :

i lui montrant la même poudre qu’il avait auparavant apportée, il réussit à la lui vendre cent sols. » (R. des provinces, p. 327.)

Quels que soient les mots adoptés, le dénouement de l'histoire est bien clair,

Il faut avouer que pour un homme positif c’est se faire grossièrement jouer.