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passé, où, au lieu de pommes, il y avoit des figures d’hommes ; ce qui ne luy plaisant pas [1], il dit, Mort d. pourquoi faut-il que ces vieux b. qui n’ont point de sentiment, se chauffent et tiennent la place d’honnestes gens qu’ils empeschent de se chauffer !

Frilosité et sans-gêne, ces deux points chez Malherbe nous sont connus par ailleurs. Sur le 1er cf. anecdote 23.

L’historiette est racontée d’une façon un peu différente par Tallemant, t. 1, 284, n. 1. « Une fois il osta les chesnets du feu. C’estoient des chesnets qui représentoient de gros satyres barbus : Mort Dieu ! » dit-il, « ces gros bougres se chauffent tout à leur aise, tandis que je meurs de froid. » La même scène a pu être rapportée par ses différents témoins.

L’anecdote qui précède celle-ci dans Tallemant semble indiquer que le fait eut lieu chez M. de Bellegarde. La chose est très vraisemblable ; là plus qu’ailleurs Malherbe avait son franc parler. Ce fut peut-être même dans la chambre de Mme de Bellegarde, où étaient des chenets assez hauts pour que Racan, un jour de distraction, ait pu prendre pour eux deux grandes dames assises au coin du feu. Tallemant, t. II, 361.

Racan, qui vivait à l’hôtel Bellegarde, serait sans doute alors le rapporteur de ce trait.


Le faisan.


Anecdote 28. (P. 231.) Un jour on servit à la table de M. de Bellegarde un Faisant, avec ce grand ornement de plumes que l’on

  1. Curieux exemple tout latin d’un relatif à l’ablatif absolu.