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Qu’autres que vous soient désirées,

Qu’autres que vous soient adorées,
Cela se peut facilement.
Mais qu’il soit des beautés pareilles
A vous, merveille des merveilles,

Cela ne se peut nullement.
(Lal. t. I, p. 96.)

Racan ajoute qu’on la mettait sur le compte de Malherbe, ce qui était confirmé par la parodie de Berthelot.

Conrart, qui devait lui aussi tenir ces détails de Racan, ne se souvenait plus de l’auteur de la parodie. Sa mémoire ne le sert pas mieux quand il parle de quatrains, ce sont des sixains, comme on vient de le voir, et ce n’est pas le 2e et le 4evers, mais le 3eet le 6e qui reviennent en refrains.

Tallemant, t. I, 296, dit que « c’estoient des couplets que M. (sic) de Bellegarde avoit faits, et que Malherbe avoit seulement raccommodez. La parodie en est plaisante ; elle est dans le Cabinet satirique » et en note : « C’est Bertelot qui l’a faitte ». — Paulin Paris pense avec raison que « M. de Bellegarde » est une erreur du manuscrit pour « Madame de B. »

La parodie se compose de sept couplets très mordants, cités en entier par Ménage (497) ; on les trouvera reproduits par Paulin Paris dans Tallemant, t.I, 320. En voici le dernier :

Etre six ans à faire une ode,

Et faire des lois à sa mode,
Cela se peut facilement :
Mais de nous charmer les oreilles
Par sa merveille des merveilles,

Cela ne se peut nullement.

« Malherbe pour réponse à ces vers, dit Ménage, fit donner des coups de baston à Bertelot par un gentilhomme de Gaen nommé la Boulardie » — (et non la Boulardière, comme dit Paulin Paris, 321). — Ménage approuve fort ce moyen qu’il voudrait voir revenir quelque jour en usage, afin de se venger de ses ennemis, tels que Boileau et Bussy-Rabutin. —

Ne serait-ce point une réminiscence, d’ailleurs inexacte,