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Voilà un des mots les plus connus sur Malherbe, grâce au 37e entretien de Balzac publié dès 1657 : « … il crachoit pour le moins six fois en récitant une Stance de quatre Vers. Et ce fut ce qui obligea le Cavalier Marin à dire de luy, etc. » Notons qu’il y a toujours de la charge, ou de la rhétorique (ce qui revient au même) dans les traits que Balzac prête à Malherbe : le poète a été vengé de main de maître par Sainte-Beuve (p. 416-420).

Ménage en 1666 cita aussi le mot de Marin, p. 329.

Tallemant reproduit notre anecdote en deux fois, t. I, p. 274 et 287, et il ajoute : « À cause de sa crachotterie il se mettoit tousjours auprès de la cheminée [1]. »

Malherbe était « un poète sec » surtout au regard d’un Italien qui estimait avant tout la facilité et la fluidité sans profondeur. Il est certain néanmoins qu’il ne brilla jamais par l’abondance et la variété (voir entre autres l’an. précédente sur ses redites). —

Le mot de Marin était de notoriété publique ; quant au début de l’anecdote sur les avantages extérieurs de Malherbe, il émane plus ou moins directement de l’un des trois membres de la société de Conrart qui avaient connu le poète, Balzac, Chapelain ou Racan.

Voir l’étude intéressante de M. Lalanne, t. I, p. cxxiv-cxxviii, sur les portraits authentiques de Malherbe.


  1. (1) On remarquera qu’à la p. 274 de Tallemant le crochet[ qui indique les passages des Mémoires de Racan devrait être reculé jusque devant les mots : d’une constitution. puisque les premiers mots de la phrase ne se retrouvent que dans notre manuscrit.