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ADDITION III. — Elle occupe les p. 229-232, et s’intercale après : « Combien en a-t-il de fièvres ? » (Mém. p. lxxxv.)

La Consolation à la princesse de Gonty.

Anecdote 17. (P.229.) Il obligea la Princesse de Conty à retourner exprès à Saint-Germain en Laye, pour y recevoir la Lettre de consolation qu’il luy fit sur la mort du Chevalier de Guise son frère, parce qu’elle y estoit quand il la commença, et qu’il l’avoit marqué dès l’entrée ; aymant mieux luy donner la peine de faire ce voyage, que de prendre celle de changer peut estre une période ou deux de cet ouvrage.

La Consolation (en prose ou en vers) était un véritable genre littéraire de l’époque. On sait que Malherbe s’y adonnait avec plus de soin que de célérité (Lal. p. 32, 38, 268 consolation au président de Verdun, qui était remarié quand arriva la pièce sur son veuvage, etc…) La lenteur dans le travail était d’ailleurs un de ses plus graves défauts comme auteur d’à-propos : il savait parfois l’expliquer ingénieusement (t. IV, p. 224-226, cité par M. Souriau, p. 91, n. 2). — Voir une intéressante étude sur Malherbe consolateur dans la thèse de M. Allais, p. 355-368.

La lettre à la princesse de Conty est un véritable ouvrage qui occupe 23 pages de l’édition Lalanne, t. IV, p. 195-218. Elle commence ainsi : « Ne pouvant aller à Saint-Germain sitôt que je désirois… » Plus loin : « Ce que j’en apprends, c’est qu’à Saint-Germain vous soupirez comme vous soupiriez à Paris… ».

M. Souriau, p. 91, cite spirituellement cette autre phrase de la lettre : « Nous ne sommes plus ce que nous étions hier… et déjà, Madame, je ne suis plus celui que j’étois quand je me suis mis à vous écrire cette lettre.. » Lal. p. 206.