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nue par aucun critique en dehors d’eux : Sainte-Beuve, p. 414 ; Lalanne (t. I, p. x, xi et xlii), Gasté (p.11), Allais (passim), Souriau (p. 77, 78). —

On ne peut douter que le mot n’ait été rapporté à Conrart par Racan lui-même à qui il lui adressé.


Les Cacophonies.

Anecdote 15. (p. 224.) M. des Yveteaux le reprenoit un jour de ce vers :

Enfin cette Beauté m’a la place rendue ;

disant que ces 3 syllabes ma, la, pla, sonnoyent fort mal. — Il vous sied bien, luy répondit-il sur le champ, de trouver ma, la, pla, mauvais, vous qui avez dit parable à la fla et luy allégua un de ses vers où il y avoit,

comparable à la flame.

]

Le vers de Malherbe est le premier de la « Victoire de la Constance », t.I, p. 28.

Nous avons réussi à retrouver le vers de des Yveteaux dans ses Œuvres (édit. Prosper Blanchemain, Paris, chez Aug. Aubry, 1854). C’est dans une pièce qu’il fit pour Henri IV (p. 64). Le roi célèbre sa maîtresse :

La neige aux plus hauts monts fiaichemont amassée
Ne peut à la blancheur de ces mains s’esgaller ;
Comme il n’est point d’ardeur, présente ni passée,
Comparable à la flamme où je me veux brusler.

Des Yveteaux affectionnait ce lourd adjectif comparable : il pèche d’ailleurs bien souvent contre l’harmonie dans ses vers.

Malherbe ne se garda pas toujours de ces cacophonies, auxquelles il faisait impitoyablement la guerre chez les