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il en marge, pour les 30 ans de Malherbe, 1586 au lieu de 1585 ?


Le Commentaire sur Ronsard.

Anecdote 3. (P. 213.) Il mettoit à la marge de tout ce qui ne luy plaisoit pas dans Ronsard, Moilon Moilon ; comme s’il eust voulu dire, que ces endroits la ressembloient au moilon, dont on ne se sert, dans les bastimens, que pour remplir les fondemens, et pour faire des murs ; au lieu que la pierre de taille est ce qui les rend solides et beaux.

C’est un trait de plus ajouté à ce que nous savions déjà de la haine de Malherbe pour Ronsard.

Voilà sans doute une des « raisons qu’il cottoit à la marge de son Ronsard » ( Racan, Mémoires, lxxvii). Quel dommage qu’on ne retrouve pas cet exemplaire de Ronsard comme on a fait celui de Desportes !

Ce mot de moilon se rencontre souvent dans les marges de Desportes. Il se comprend ; mais l’explication donnée par le rapporteur est fautive en un point : l’on ne se sert pas }} de moellons « pour remplir les fondemens ».

Le trait a dû être rapporté par Racan qui avait feuilleté le Ronsard de Malherbe (Mém. pass. cité). Le style ressemble bien à celui de Racan, et rappelle même tout à fait par le mouvement l’anecdote des Mém. p. lxxx : « Il disoit souvent.... comme s’il eust voulu dire qu’il se soucioit fort peu »

An. citée par nous dans la Revue bleue, p. 731, col. 1.