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Conrart, qui avait pris soin de copier l’élégie, en parla au chanoine Maucroix, qui en parle à son tour à Boileau dans une lettre du 23 mai 1695, n’en citant que le premier vers qu’il estropie d’ailleurs. Conrart la montra sans doute aussi à Tallemant : « Les premiers vers de Malherbe, dit celui-ci, t. 1, p. 272, estoient pitoyables ; j’en ay veû quelques-uns, e entre autres une élégie qui débute ainsi :

Doncques tu ne vis plus, Geneviefve, et la mort
En l’avril de tes ans, te monstre son effort, etc. »

Elle a été retrouvée en 1888 dans les papiers de Conrart par M. E. Roy qui l’a publiée pour la première fois : Une pièce inédite de Malherbe. Paris, Ern. Leroux. Elle porte pour titre dans le manuscrit : Larmes du sieur Malherbe. — Le savant professeur de la Faculté de Caen, M. Armand Gasté, a reconstitué d’une façon très vivante ce drame de famille qui attrista la ville de Caen, cette jeune fiUe tuée à 24 ans par la calomnie : voir la Jeunesse de Malherbe, br. de 56 p., Caen, 1890, ch. ii. On y trouvera à la p. 37 le texte de cette élégie qui ne comprend pas moins de 160 vers ; remarquons que la véritable leçon du second vers doit être celle de Conrart :

« En l’avril de tes ans a montré son effort » plutôt que celle de Tallemant citée plus haut. —

En la traitant de « fort belle fille », Conrart se rencontre avec l’oncle de Geneviève, Jean Rouxel : « liberali forma », dit-il dans son épitaphe (cité par Gasté, p. 48).

Un détail nouveau, c’est la parenté de Geneviève et de Malherbe : nous comptons, pour nous l’éclaircir avant peu, sur la sagacité ordinaire de M. Gasté. —

Parmi ces compatriotes dont la conversation profita au jeune poète, il faut ranger certainement Vauquelin de la Fresnaye. Voir Gasté, et aussi Gust. Allais. Malherbe et la poésie française à la fin du XVIe siècle. 1891. —

Le sixain, qui était inédit tout comme l’élégie au temps de